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LE PONT DU DIABLE
Il est un endroit, là où la terre finit et où commence l’eau, baptisé « Pont du Diable ».
Je vous entends déjà : « ah oui, c’est ici » ou « c’est près de chez moi » … Tant le Diable est mêlé à de nombreuses histoires de « passage ».
Celui-
Pour mieux comprendre la suite, savez-
« une basse vallée d’un cours d’eau envahie par la mer, formant un estuaire profond et découpé ».
Voilà les pensées qui agitaient la cervelle d’un brave meunier qui perdait beaucoup de temps pour livrer sa farine de l’autre côté. Tout brave qu’il était, il sentait bien qu’il y avait matière à se remplir les poches, s’il pouvait se déplacer plus rapidement .
Que faire ? Un pont ? .. Difficile… Certains s’y étaient essayés et avaient dû renoncer…
Notre meunier, tout occupé à chercher une solution, fut soudain distrait de ses pensées par un jeune homme souriant, très élégant, qui s’était approché sans faire de bruit. Un grand chapeau orné d’une plume, de grandes bottes, c’est un seigneur s’imagina notre homme…
Ce qu’il ne comprit pas c’est ce que cachaient ce chapeau et ces bottes : des cornes et deux pieds fourchus ! C’était le Diable…
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Et bien moi, je te dis que si ! Mais il y a une condition à cela : je prendrai l’âme du premier qui traversera.
Le meunier comprit alors à qui il avait affaire, mais très curieux, conclut le marché
d’un « Top-
Toute la nuit, les habitants de la région furent tenus éveillés par des bruits épouvantables venant de l’Aber. Personne n’osa aller voir ce qui se passait… La nuit, on fait toujours de mauvaises rencontres…
Dès que le jour fut levé, notre meunier partit, un sac de farine sur le dos pour le livrer de l’autre côté. Et là, Oh surprise, un pont de pierre reliait les deux berges. Trop content, il s’apprêtait à traverser lorsqu’il aperçut le Maître d’œuvre de l’autre côté, et se rappela le marché.
Il fit demi-
Le Diable poussa un rugissement qu’on entendit à des lieues à la ronde. De rage, il lança le marteau qu’il tenait encore à la main et qui se ficha dans la terre, où il est resté.
L’histoire ne dit pas si le Diable s’est vengé par la suite et ce que devint le pauvre chat. Mais il reste le pont et une croix cassée qui, selon la tradition populaire, est le fameux marteau.

Pour les habitants de Lannilis ou de Plouguerneau, c’était surtout un obstacle de taille pour se rendre visite ou faire des échanges commerciaux, car il fallait des heures pour remonter le long de la rivière et trouver un passage facile là où les rives étaient proches. Et pourtant… on se voyait d’un bord à l’autre, et il eût fallut d’un rien pour qu’on puisse traverser et gagner beaucoup de temps. De plus, la marée remontait le courant deux fois par jour, et la rivière redescendait aussi deux fois par jour et les remous étaient dangereux…

Que les esprits terre-
